Nouveautés

de Baptiste Giabiconi

Aujourd’hui, il raconte son Karl, tel qu’il est le seul à l’avoir connu, le seul à l’avoir tutoyé et aimé. Une passion réciproque bien au-delà des apparences du créateur, réputé secret. Toutes les étoiles d’une féerie contemporaine sont là : gloire, luxe, fashion, train de vie dément, les stars et les flashs, l’art et la beauté… et autant de fous rires. Quelques orages, aussi, quand le conte de fées tourne à la cage dorée. Backstage, deux êtres que sépare un demi-siècle engagent l’essentiel : l’un, ses dix dernières années – les plus belles… –, l’autre, son entrée fracassante dans le monde adulte. Karl, muet sur son intimité, avait encouragé Baptiste à raconter leur histoire, un jour, loin des clichés ou des rumeurs.

de Stephen King

Au coeur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ? Aussi angoissant que Charlie, d’une puissance d’évocation égale à Ça, L’Institut nous entraîne dans un monde totalitaire… qui ressemble étrangement au nôtre. Le nouveau chef-d’oeuvre de Stephen King.

de Charlotte Gabris

Paris. Une terrasse. Deux femmes.

Paris, une terrasse de café ensoleillée. C’est l’heure du déjeuner, les gens font la queue. Les salades sont immangeables, une tasse de thé coûte huit euros, le personnel est abject. Mais les gens font la queue.
Une jeune provinciale est attablée, seule. À ses côtés, une Parisienne attend son amoureux qui tarde à la rejoindre.
Deux femmes qui n’ont a priori rien en commun. Si ce n’est que l’une et l’autre se regardent, se jaugent, se moquent.
Peut-on parler fort, ne jamais sourire, et porter un panier en osier avec autant d’assurance et d’aplomb ? se demande la première.
Peut-on boire un verre de vin en trinquant… avec soi-même, et sembler heureuse malgré tout ? se demande la seconde.
Mais sont-elles si différentes ? Et qui sont-elles pour se juger si durement ?
Charlotte Gabris s’amuse ici de la rivalité féminine avec malice.
Et si nous essayions, nous aussi, de déjeuner en paix ?

de Frédéric Lenoir

Banni de la communauté juive à 23 ans pour hérésie, Baruch Spinoza décide de consacrer sa vie à la philosophie. Son objectif  ? Découvrir  un bien véritable qui lui  «  procurerait pour l’éternité la jouissance d’une joie suprême et incessante.  » Au cours des vingt années qui lui restent à vivre, Spinoza édifie une œuvre révolutionnaire. Comment cet homme a-t-il pu, en plein XVIIe siècle, être le précurseur des Lumières et de nos démocraties modernes  ? Le pionnier d’une lecture historique et critique de la Bible  ? Le fondateur de la psychologie des profondeurs  ? L’initiateur de la philologie, de la sociologie, et de l’éthologie  ? Et surtout, l’inventeur d’une philosophie fondée sur le désir et la joie, qui bouleverse notre conception de Dieu, de la morale et du bonheur  ?    A bien des égards, Spinoza est non seulement très en avance sur son temps, mais aussi sur le nôtre.  C’est ce que j’appelle le «  miracle  » Spinoza. »

de Leïla Slimani

En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, elle quitte son pays pour suivre au Maroc celui qui va devenir son mari. Le couple s’installe à Meknès, ville de garnison et de colons, où le système de ségrégation coloniale s’applique avec rigueur. Amine récupère ses terres, rocailleuses ingrates et commence alors une période très dure pour la famille. Mathilde accouche de deux enfants : Aïcha et Sélim. Au prix de nombreux sacrifices et vexations, Amine parvient à organiser son domaine, en s’alliant avec un médecin hongrois, Dragan Palosi, qui va devenir un ami très proche. Mathilde se sent étouffée par le climat rigoriste du Maroc, par sa solitude à la ferme, par la méfiance qu’elle inspire en tant qu’étrangère et par le manque d’argent. Les relations entre les colons et les indigènes sont très tendues, et Amine se trouve pris entre deux feux : marié à une Française, propriétaire terrien employant des ouvriers marocains, il est assimilé aux colons par les autochtones, et méprisé et humilié par les Français parce qu’il est marocain. Il est fier de sa femme, de son courage, de sa beauté particulière, de son fort tempérament, mais il en a honte aussi car elle ne fait pas preuve de la modestie ni de la soumission convenables. Aïcha grandit dans ce climat de violence, suivant l’éducation que lui prodiguent les Soeurs à Meknès, où elle fréquente des fillettes françaises issues de familles riches qui l’humilient. Selma, la soeur d’Amine, nourrit des rêves de liberté sans cesse brimés par les hommes qui l’entourent. Alors qu’Amine commence à récolter les fruits de son travail harassant, des émeutes éclatent, les plantations sont incendiées : le roman se clôt sur des scènes de violence inaugurant l’accès du pays à l’indépendance en 1956.

de Philippe Sollers

Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), dit « le Philosophe Inconnu », est un penseur français, figure centrale de l’Illuminisme européen. On lui doit deux livres principaux, publiés à des dates très significatives : L’Homme de Désir (1790) et Le Ministère de l’Homme-Esprit (1802). Certains, contre toute évidence, prétendent qu’il n’est pas mort, et qu’il continue ses singulières activités révolutionnaires. Il aurait ainsi rencontré Rimbaud, et peut-être aussi, mais restons prudents, le narrateur de ce livre.

de Jüne Plà

Vous avez l’impression de passer à côté de votre sexualité  ?
Pas de panique, Jüne du compte Instragram Jouissance Club fait souffler un vent de fraîcheur et d’espoir en proposant un manuel d’éducation sexuelle promouvant le plaisir accessible à tous,  femme, homme, non-binaire, hétéro, homo, bi, etc  !
Elle propose de mettre de côté la pénétration pour se concentrer sur les 1001 façons de se donner du plaisir autrement, de manière décomplexée, jubilatoire et bienveillante.
A l’aide de nombreux schémas sobres et élégants, elle propose une cartographie des multiples zones qui procurent du plaisir  et un inventaire des mouvements orgasmiques.

de Emmanuelle Richard

Qui sont ces corps abstinents ? Intriguée par ce sujet tabou et opaque, abstinente elle-même pendant cinq ans, l’écrivaine Emmanuelle Richard a recueilli l’intimité de ces sexualités non partagées. Pour Sandrine, l’abstinence est son ordinaire car elle ne parvient pas à établir le lien dont elle aurait besoin pour se sentir bien avec l’autre ; le jeune Noâm a profité de ce temps de retrait pour redéfinir sa masculinité ; Virginie dit avoir gagné son autonomie grâce aux sextoys ; Paul est un retraité très heureux malgré la fin de toute relation sexuelle dans son couple ; pour Sylvia, l’absence de sexualité est une libération. Près de quarante personnes se confient, loin des stéréotypes et des idées approximatives, tissant peu à peu un récit polyphonique empreint de délicatesse. Par-delà la mélancolie, sans amertume ni ostentation, s’élève une parole forte sur l’absence du toucher où se laisse entendre l’universelle quête du sens. Et d’amour – comme toujours.

de Abdelilah Laloui

J’ai longtemps pensé que j’étais incapable de lire un livre, d’être touché par un tableau ou une pièce de théâtre. Quand on grandit dans un milieu populaire, on est convaincu que la culture et l’éducation ne nous concernent pas vraiment.
Aujourd’hui, je veux m’adresser à l’enfant qui croyait dur comme fer qu’il ne porterait jamais de costume, à celui qui était persuadé qu’il s’exprimait mal, qu’il était ignorant, qu’il ne ferait pas d’études. Je veux lui dire, droit dans les yeux, ce qu’on a oublié de lui dire  : peu importe ce que l’on sait ou pas, la seule chose qui compte, c’est la curiosité. La culture n’est pas une affaire de classe, la culture parle de nous, la culture, c’est nous. 

de Pierre Lemaitre

Avril 1940. Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’histoire où la France toute entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches… Et quelques hommes de bonne volonté.
Il fallait toute la verve et la générosité d’un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances.
Secret de famille, grands personnages, puissance du récit, rebondissements, burlesque et tragique… Le talent de Pierre Lemaitre, prix Goncourt pour Au revoir là-haut, est ici à son sommet.

de Vanessa Springora

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
«  Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre  », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.