Enfant

de Antoine de Saint Exupéry

« J’ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu’à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s’était cassé dans mon moteur. Et comme je n’avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C’était pour moi une question de vie ou de mort. J’avais à peine de l’eau à boire pour huit jours.Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait : … »

de Jean-Pierre Claris De Florian

 » Chacun son métier, / Les vaches seront bien gardées.  » Qui ne connaît ce célèbre adage rentré dans la mémoire collective ?
Nous le devons en réalité à Jean-Pierre de Claris de Florian, fabuliste de talent qui vécut dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, ce siècle béni que domina la France par le brio de sa production intellectuelle. Florian dont l’œuvre est aujourd’hui éclipsée par l’autorité de La Fontaine a connu de son temps une véritable notoriété.
Cette édition, préfacée par Jean-Marc Daniel, est une occasion unique de redécouvrir un fabuliste majeur trop largement méconnu.

de Jean de La Fontaine

Les Fables occupent une place singulière dans notre mémoire : par le souvenir que nous gardons de ces poèmes devant lesquels nous sommes restés enfants, mais aussi par la grâce de tant de vers devenus proverbiaux  et que notre parole quotidienne fait renaître. Et tout  se passe comme si une correspondance secrète se maintenait de siècle en siècle entre ces Fables et l’identité de notre pays comme de notre langue.
Le premier recueil paraît en 1668, et le second dix ans plus tard. Le succès est immense et les poèmes, alors, appartiennent pleinement à leur temps : la France du règne de Louis XIV. Mais le mystère de leur pouvoir est de s’émanciper très vite de cet environnement immédiat, d’éclairer nos réalités successives, d’allier de manière toujours éclatante le particulier et l’universel. Dans cette «comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est  l’Univers», le texte se dérobe à toute signification définitive. Mais La Fontaine, à chaque page, nous convainc que la poésie, à ses yeux, demeure instrument de connaissance : il existe une beauté du savoir – et nous ne cessons pas de la retrouver en lui.


Edition de Jean-Charles Darmon et Sabine Gruffat.